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Le 13 juin, c’était l’anniversaire de Rachel La Louve… Ceux et celles qui me lisent ont lu plusieurs référence à Rachel dans mes billets, donc vous savez que c’est une amie qui m’est chère.
Pour son anniversaire, je voulais lui offrir quelque chose de spécial. J’ai donc pensé à elle, à ce qu’elle est et représente pour moi… Tout d’abord, une création est née:
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Mais, ce n’était pas assez !!! Plongeant en moi et pensant à Rachel, mes doigts se sont activés sur le clavier et j’ai pondu un conte. Rachel est modeste, ne voulant pas la gêner, je n’ai pas publié le texte sur mon propre site, toutefois je lui ai fait parvenir et elle en a fait une rubrique sur son site (ça m’a gêné à tel point que je n’ai plus rien écrit sur son site depuis !).
Mais, certains événements survenus durant les derniers jours m’ont renforcés dans ma conviction que cette femme se doit d’être connue du plus grand nombre de personnes possible !!! Si vous lisez le texte qui suit avec votre coeur, vous comprendrez ce que Rachel est pour moi, ce qu’elle Est et ce qu’elle peut vous apporter si vous avez besoin:
Le conte de la Louve
Il était une fois, dans une belle grande forêt, une Louve se prélassant au pied d’un grand sapin, regardant s’ébattre les petits et grands de sa famille, s’amusant de leurs jeux. Malgré cette joyeuse agitation, elle remarqua au loin un louveteau âgé d’environ cinq, six mois, à l’écart des autres. Elle ne le reconnut pas, … Qui était-il ? Mais surtout…, que lui était-il arrivé pour avoir l’air si abattu, tout son corps penché vers l’avant, le nez touchant le sol entre ses pattes. Il semblait porter un grand poids sur ses épaules encore bien frêles. N’écoutant que son cœur, elle se leva et à pas feutrés… approcha.
Il ne leva même pas la tête, semblant ne pas avoir remarqué qu’il n’était plus seul, les yeux fermés, il était tout à son malheur. Sans faire de bruit, elle s’assit et attendit. La peine du petit semblait si grande, le cœur de la Louve en souffrait, que pouvait-elle bien faire ? Doucement, elle se leva et se coucha devant lui, sa truffe tout près de la sienne. Sentant un souffle, il ouvrit un œil, …qu’il referma … trop las. La Louve ne bougea pas, mais laissa échapper un souffle. Il ouvrit encore un œil… et gentiment, la Louve lui donna une petite lichette sur le bout du nez. Cela le chatouilla, il redressa la tête en la secouant. Bien réveillé cette fois, il regarda la Louve… qui le regarda, pencha la tête de côté et lui demanda « Mais, qu’as-tu mon petit ? Tu fais une bien triste tête pour un si petit être. » Il redressa son petit corps, comme s’il voulait paraître plus fort et planta son regard dans celui de la Louve, la défiant. Elle le regarda et il y lu une bonté et une compassion comme il n’en avait jamais vues. Accablé par tant de douceur, ses dernières défenses l’abandonnèrent et il se mit à raconter son histoire dans un murmure.
Patiemment, elle l’écouta raconter ses blessures, ses écorchures, les abandons qu’il avait vécus, la perte de ses parents tués par des « deux pattes grands comme ça ! », sa errance depuis, et la faim qui le tenaillait… Cette faim de nourriture… et d’amour. Touchée au plus profond d’elle-même, la Louve se dit que nul ne devrait subir telles peines et tourments ! Elle alla au plus pressé : le louveteau avait de vilaines blessures aux pattes. Elle les soigna avec des remèdes dont elle avait le secret, lui donna à manger. Une fois fait, elle s’allongea près de lui, lui prodiguant sa chaleur, et ils discutèrent jusque tard dans la nuit… Lorsque les étoiles furent si nombreuses que le ciel parut presque blanc, le petit, rassuré, le ventre et le cœur pleins, s’endormit entre les pattes de la Louve.
Mais, la Louve ne réussit pas à s’endormir immédiatement. Elle repensait à ce que le petit lui avait raconté, ce qu’il avait vécu et ce dont il avait été témoin. Elle se rendait compte que beaucoup de ses congénères vivaient de la souffrance. « Ça ne peut pas continuer comme ça » pensa-t-elle. « Il faut que ça change ! » Et sur cette dernière pensée, elle s’endormit.
Le lendemain matin, la Louve convoqua sa meute et raconta brièvement l’histoire du louveteau pendant que celui-ci dormait encore. Tous, sans exception, décidèrent d’adopter le petit dans leur grande famille. Quelle joie fut celle du louveteau ! Enfin ! Il n’était plus seul ! Il remercia la Louve avec effusion, celle-ci les quatre pattes en l’air, sur le dos, riant de bon cœur devant un tel bonheur. « Merci, merci, merci ! » n’arrêtait-il pas de lui dire tout en gambadant autour d’elle, sur elle (!) et lui donnant tout plein de lichettes.
Quand elle put enfin se redresser, elle plongea son regard dans le sien et lui dit : « Nul ne devrait vivre ce que tu as vécu et voir ce que tu as vu. Je te remercie de la confiance que tu m’as témoignée, je dois maintenant en être digne. À partir de ce jour, je serai en quête de ceux qui souffrent et je les aiderai du mieux que je le pourrai. C’est une promesse que je fais, le Grand Esprit m’en est témoin. Merci, à toi, Petit Loup »
Et depuis ce jour, la Louve est là… veillant… écoutant … et aidant…

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Il y a plusieurs années, le loup était chassé sauvagement dans le Parc Yellowstone situé dans l’état de Washington, aux États-Unis, et cette chasse a eu pour résultat l’extinction des loups dans cette région. Le Dr Doug Smith fit des pieds et des mains afin que le loup soit réintroduit dans le Parc Yellowstone. Lui et ses accolytes vinrent au Canada chercher des loups gris; leur réinsertion dans le Parc Yellowstone fut un succès.
Toutefois, au fil des ans, certaines meutes de loups finirent par agrandir leur territoire, sortant du Parc et se mettant à attaquer le bétail des éleveurs demeurant en périphérie. Devant l’ire de ces derniers, le gouvernement États-Uniens, jugeant que la population de loups était bien implantée et non menacée, il autorisa une chasse restreinte aux éleveurs dont le gagne-pain était mis en péril. Mais, l’expérience et l’expertise de Shaun Ellis pourrait bien changer tout ça …
En effet, fort de son expérience avec les loups et ayant acquis une certaine notoriété, Shaun Ellis reçu un appel à l’aide qui lui permit de faire une expérience. Le troupeau d’un éleveur polonais subissait les attaques d’une meute de loups. L’éleveur fit appel à Shaun afin qu’il l’aide à trouver une solution à son problème sans avoir à prendre les armes et abattre les loups. Sensible à cet appel à l’aide, Shaun décida de se rendre en Pologne, mais sans une certaine appréhension. En effet, il devait s’absenter environ deux semaines… Cette absence risquait de mettre son rôle de mâle Alpha auprès de sa meute en danger… Mais le désir d’aider cet éleveur et surtout la pensée que si son expérience était concluante, peut-être que la chasse aux loups pourrait cesser.
Rendu là-bas, après discussions avec l’éleveur, il alla dans la forêt afin de situer la meute, le nombre de ses membres et il débuta son enseignement auprès de l’éleveur. Shaun avait apporté avec lui un appareil sur lequel était enregistré le hurlement de défense des loups (pour connaître les différents hurlements, c’est ici). Il dit à l’éleveur que cet appareil devait être utilisé deux, trois fois par jour, afin que la meute de loups croit qu’une autre meute vivait sur le territoire et ainsi empêcher la meute rivale d'y entrer. Gonflé d’espoir, Shaun retourna donc chez lui auprès de Matsi, Tamaska et Yana …
Et ce que Shaun avait appréhendé s’avéra… En effet, pendant son absence Yana était devenu le mâle Alpha. La réinsertion de Shaun dans la meute n’allait pas être facile, mais à force de courbettes, de sillements, de lichettes, il put réintégrer la meute et endossa le rôle de l”Omega, soit celui du loup pacificateur.
Et l’éleveur Polonais vous demandez-vous ? Quels ont été les résultats ? Eh bien ! ce fut un succès !!! Les attaques des loups cessèrent ! Cette expérience venant aux oreilles du Dr Doug Smith, avec qui Shaun entretient des relations, celui-ci émit quand même une réserve. Bien qu’il reconnut le succès de l’expérience, en tant que scientifique, il précisa que pour que cette méthode soit vraiment reconnue, elle doit être répétée plusieurs fois avec un taux de succès de 90 %.
Je crois que nous pouvons compter sur Shaun pour répéter l’expérience, sans compter que, bien qu’il ne soit pas un scientifique, Chris Darimont, biologiste de loups en Colombie-Britannique, reconnaît que bien des découvertes sont faites par des non-scientifiques et que l’expertise de Shaun est plus qu’appréciable.
Je vous laisse donc sur une vidéo où vous pourrez voir Shaun hurler avec ses loups, ainsi que l’observer en train d’enseigner à l’éleveur Polonais:

La première partie de ce billet se trouve ici.
À force d’étudier les loups, Shaun Ellis apprit à décoder les divers langages de ses potes à quatre pattes. L’un des langages importants pour les loups est le hurlement, langage complexe s’il en est. En fait, il est tellement complexe et fascinant, que je me devrai d’expliquer l’apport de l’étude des hurlements des loups par Shaun Ellis pour venir en aide aux éleveurs (promis dans mon premier billet) dans un troisième billet. Ma série sur Shaun Ellis n’aura donc pas trois, mais quatre volets. Je dois avouer que le texte qui suit est une traduction libre des observations que Shaun Ellis a notées dans son livre “L’esprit du loup” ainsi que de diverses recherches sur le net. Que du plaisir !
Le hurlement chez le loup:
Shaun a remarqué qu’il existe trois types de hurlement:
Chaque loup a un son différent, adapté à son statut à l’intérieur de la meute.
Le hurlement du couple Alpha sera bas dans le ton, indiquant ainsi aux autres son statut dans la meute. Le couple hurle pendant de courtes périodes, prend une pause pour écouter une réponse (quelle qu’elle soit) et décide si la meute doit continuer à hurler ou arrêter. Le couple Alpha n’amorcera pas le hurlement mais assumera le contrôle de la situation une fois le contact vocal établi. Le couple prendra sa décision en fonction de la réponse reçue: meute rivale ? loup solitaire ? ou un des leurs égaré pendant une chasse ? Le couple Alpha indiquera aux autres membres de la meute la poursuite ou l’arrêt des hurlements. Dans l’affirmative, le couple poussera un long hurlement profond…, dans la négative il poussera successivement deux ou trois hurlements très courts.
Dans la hiérarchie de la meute, après le couple Alpha, il y a le Beta. Ses hurlement sont modérement bas et trois, quatre fois plus longs que le couple Alpha, ajoutant de la force, de la continuité aux appels de la meute et indiquant sa position à l’intérieure de celle-ci.
Les membres de la meute se situant dans le “milieu” poussent de petits jappements et des hurlements afin que les meutes rivales aient de la difficulté à connaître le nombre exact des membres de la meute; ils créent l’illusion qu’ils sont peut-être très nombreux !!! Pas mal non ?
Et enfin, il y a les loups Oméga dont le rôle est très important. Ce sont eux qui désamorcent les tensions, ils ont un hurlement mélodieux, mélangeant les hautes et les basses notes. Quand ils hurlent en “harmonie”, ils contribuent à calmer la meute quand celle-ci est sur la défensive (personnellement, je les appelle les “pacificateurs”).
Vous comprenez certainement maintenant pourquoi j'ai choisi de consacrer un billet sur le hurlement du loup !!! Et mon prochain billet ? Shaun Ellis à l’aide des éleveurs.
E'pit wiskum a'sutmessewakm nisgam
Pourquoi est-ce que je m’intéresse à Shaun Ellis ? Qui est-il vous demandez-vous ? Tout jeune, Shaun Ellis avait un grand rêve … Mais que diriez-vous que je vous raconte son histoire ?
Très jeune, Shaun, qui grandit sur une ferme à Norfolk, en Angleterre, s’intéresse de près aux animaux sauvages ; lors d’étude des renards et blaireaux, il apprend à développer ses sens de l’odorat et de l’ouïe afin de se repérer dans la forêt. Jeune adulte, il devient garde-chasse, mais il est viré lorsque son patron découvre qu’il remet en liberté des animaux destinés à être abattus. Il s’engage donc comme marin dans la Royal Navy ; l’entraînement qu’il y recevra lui sera des plus profitables pour ce qui allait être sa vie plus tard.
Assistant à un séminaire sur les loups, il rencontre un biologiste amérindien, ce qui l’amènera à passer sept ans en tant que volontaire pour des recherches sur les loups avec la tribu des Nez Percés dans l’Idaho, aux États-Unis. Les Nez Percés lui ont appris à observer les loups dans leur habitat naturel. Il finit par pouvoir les approcher, les étudier, enregistrer leurs hurlements et reconnaître chacun des membres de la meute, ce qui a achevé de le convaincre : les loups sont des animaux très intelligents, instinctifs, respirant la confiance et l’équilibre à l’intérieure de la structure sociale de la meute. De là à vivre son grand rêve, il n’y avait que quelques pas…
… Au Parc Yellowstone, célèbre parc naturel aux États-Unis, une louve met bat trois petits qu’elle abandonne… Shaun, pas très loin, les recueille et à partir de ce moment sa vie change complètement. Il nourrit ses petites boules de poils qu’il nommera : Yana, Tamaska et Matsi. Les hurlements chez les loups étant très importants (sujet que je traiterai dans un prochain billet), à tour de rôle, Shaun prend Yana, Tamaska et Matsi et leur donne une leçon de hurlement.
Entretemps, sa femme le quitte avec ses quatre enfants…
Il fonde le « Wolf Pack Management », dans le Nord du Devon (Angleterre) et c’est là que, pendant deux ans, il a vécu avec ses loups … et le verbe « vécu » n’est pas une figure de style : il a mangé, bu, joué, dormi et s’est battu avec ses loups, et ce, 24 heures sur 24. Et c’est sur cette partie de sa vie que ce premier billet sera consacré à cet homme d’exception.
Son but ? Apprendre à encore mieux les connaître et leur apprendre à être des loups sauvages, bien qu’ils soient en captivité. Son rôle ? Mâle Alpha, le chef de la meute et chaque jour il doit de plus en plus asseoir et affirmer ce rôle auprès de ces protégés qui grandissent. Tamaska, le plus costaud, est le mâle Bêta, soit le second, il fait respecter l'ordre établi par le mâle Alpha, protège la meute contre les attaques des autres loups. Matsi, d’un tempérament plus nerveux, est celui qui fait le guet, qui avertit les autres membres lorsqu’un danger se présente. Yana, quant à lui est agressif et possède le tempérament d'un mâle Alpha. La lutte de Shaun pour demeurer l’Alpha en est un de tous les instants, n’en doutez pas : lorsqu’il lui arrive de devoir s’absenter, il suspend ses vêtements sur une corde à linge et au moment de réintégrer la meute, il les remet. Aucun choix ne s’offre à lui, puisque ces vêtements contiennent toute son identité lui permettant d’être reconnu par les autres membres de la meute.
Mais que mangeait Shaun vous demandez-vous ? la même chose que les autres loups, à une exception près. Étant le mâle Alpha, il a droit de manger le meilleur de l’animal abattu, soit le foie, le cœur et les reins. Toutefois, Shaun a un peu de difficulté à digérer la viande crue, un subterfuge s’impose donc. Le chevreuil abattu est ouvert par Shaun (en l’absence des autres membres de la meute et, à ses dires, paraît qu’il faut parfois avoir le cœur bien accroché !), il sort le foie, va à sa caravane tout à côté de l’immense enclos, fait cuire ledit foie, retourne à la carcasse, remet le foie en place avec le reste à l’intérieur et revient à la meute. Les autres membres de la meute devant attendre pendant qu’il se nourrit, il lui est alors loisible de sortir le foie et de manger … Tamaska, étant le mâle Bêta, peut se nourrir presque en même temps que lui… mais n’a pas droit aux abats … ainsi que ses autres congénères.
Ici, Shaun maintient Tamaska à distance
Peut-être vous demanderez-vous si ce régime nuit à Shaun ? En fait, depuis qu’il vit avec ses loups, son système immunitaire s’est renforcé…
Je terminerai ce premier billet consacré à Shaun en vous racontant une anecdote : un jour, un loup Alpha d'une autre meute a assis sa dominance sur Shaun et a refermé ses dents sur la mâchoire de Shaun; ce dernier avait l’impression que des aiguilles particulièrement acérées lui transperçaient la peau. Au moment où il croyait que sa mâchoire allait être broyée, Matsi a desserré la sienne, le libérant. « Il a su exactement quelle pression exercer pour éviter de me casser la mâchoire » racontera-t-il.
Une dernère anecdote: lors d'une lutte de dominance, Shaun a été blessé au visage, direction, l’hôpital où on lui fait des points de suture. Il retourne vers sa meute… les loups se lancent sur lui, lui arrachent ses points de suture et lui lèchent ses plaies… Résultat ? Celles-ci ont guéri plus rapidement. Les scientifiques s’entendent à dire que la salive des loups élimine le risque d’infection par les bactéries et accélère la cicatrisation. D’ailleurs, pour preuve, Shaun n’a aucune cicatrice au visage.
Et comme une image vaut mille mots, je vous laisse sur une vidéo tournée par le National Geographic (en fait, c’est une bande-annonce); même si quelques-uns d’entre vous n’êtes pas à l’aise avec la langue de Shakespeare, vous saisirez l’essentiel, j’en suis convaincue !
Mon prochain billet portera sur la recherche que fait Shaun sur les hurlements des loups et l’aide qu’il peut apporter aux éleveurs de bétail.
J’espère que vous aurez eu autant de plaisir à lire ce billet que j’en ai eu à faire mes recherches et à l’écrire et qu’il aura éveillé votre intérêt pour lire la suite de la vie de cet homme décrié par certains scientifiques, salués par d’autres, mais animé par une passion, honnête et totale: le loup.

P.S. - Je citerai mes sources sur mon dernier billet que j’écrirai sur Shaun Ellis
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