LadyHawk - La Terre ma Mère > loup

  • Concert faunique 2009

    Le 07/08/2009 à 02:13Nature, randonnéeCommentaires (5)Ajouter un commentaire

     
    Samedi dernier, j’ai vécu une expérience hors de l’ordinaire que j’aimerais partager avec vous et vous donner l’envie de la vivre à votre tour. Je vous préviens tout de suite: mon billet sera un peu long, mais il en vaut la peine, croyez-moi. J’ai vécu cette expérience dans la Forêt Montmorency. Mais avant de vous la raconter, un peu d’histoire:
     
    Située à 70 km au Nord de la Ville de Québec, dans les contreforts des Laurentides se niche la Forêt Montmorency d’une superficie de 6664 hectares. Forêt boréale(1) d’une rare magnificence, elle s’offre aux chercheurs et amants de la nature. En 1964, le Gouvernement du Québec a consenti un bail emphytéotique de 99 ans à L’Université Laval et a donné comme mission à cette dernière de développer, favoriser l’enseignement et la recherche, en autres, en sciences forestières et géodésiques.
     
    Je ne détaillerai pas ici tout ce que l’on peut y trouver (sentiers pédestres, pêche, ski de fond, raquette, gîtes, etc.), à la fin de mon billet je vous indique le lien si vous désirez en savoir plus: non, ici, je partagerai avec vous l’expérience extraordinaire que j’ai vécue samedi dernier: un concert faunique.
     
    Un concert faunique ? Euh… qu’est-ce que c’est ? vous demandez-vous. Cette idée est née dans la tête de Pierre Vaillancourt, connu sous le nom de “Pierre Le Loup”… Un concert donné sur un lac, à la nuit tombée, par des naturalistes, musiciens professionnels, bruiteurs. Il y a trois ans, j’avais entendu parler de lui, ce grand passionné, et je désirais le rencontrer depuis. L’occasion m’a été donnée cet été par une femme de coeur qui travaille à L’Université Laval, Hélène (que je remercie infiniment).
     
    Donc, je vous raconte ? J’avais choisi d’y aller avec une copine d’enfance, Suzanne, qui fêtait son anniversaire le 4 août. Plusieurs choix s’offraient à nous: spectacle ou souper-spectale menu cafétéria ou souper-spectacle menu table d’hôte; d’un commun accord nous avons choisi la dernière option.
     
    Samedi 1er août 2009, sous une température idéale, 27°, ma voiture avale les kilomètres sur la Route 175 Nord et au kilomètre 103, virage à droite et trois kilomètres plus loin l’Accueil. J’y fais la connaissance de Chantal Clusiau, femme super sympathique avec qui j’avais discuté et rigolé la veille au téléphone lors de ma réservation. Sue et moi avons quelques minutes avant le souper, nous en profitons pour aller voir le Lac Piché:
    Lac Bédard 001

    Lac Piché 002

    Lac Piché 003 
     
     
    Si tôt mis les pieds dans la forêt, je me fais littéralement attaquée par les  Gif moustique 1001 qui se sont sans doute dit: “Hey, v’là le lunch !!!” ah ! ben parce que ces chers moustiques se sont tous dardés sur moi, délaissant Suzanne qui ne semblait ne présenter aucun intérêt gastronomique pour eux. Ça veut dire quoi ça hein ? j’vous le demande ?!? Et ces chères bestioles ne se contentent pas de prendre un peu de mon sang, neunon… elles partent également avec un morceau de ma peau… Confus
     
     
     
     
    Retour à l’Accueil et nous nous attablons pour manger. Le Chef, Égide Tremblay, se présente à nous ; il y fait la bouffe depuis 15 ans et est toujours passionné. L’entrée: terrine de bison, pâté de foi de lapin et terrine de canard, le tout accompagné de biscottes. Rien que ça pour moi constituait un repas. Mais ça ne faisait que commencer. L’entrée a été suivie d’un potage tout ce qu’il de plus délicieux et d’une salade verte avec les très sucrées tomates-raisin. Plat principal: canard servi sur un lit de riz, avez petites pommes de terre parisiennes et légumes. Dessert ? Plat de fromages, pommes et raisins… et comme si ce n’était pas assez… un morceau de gâteau ! Le tout accompagné d’un bon vin rosé, gracieuseté de Suzanne !!! Ouf ! C’ÉTAIT SAVOUREUX ! Mais j’avais tellement mangé, moins que ma copine quand même (petit clin d’oeil ici à Suzanne qui comprendra…) que j’étais prête à aller bucher quelques arpents après le repas histoire d’éliminer quelques calories.
     
    Ensuite, on passe à l’auditorium et notre entrée est saluée par les musiciens interprétant une musique de circonstances. Enfin ! nous avons Les Naturalistes devant nous, groupe qui donnera le spectacle sur le Lac Bédard. Pierre Le Loup, avec qui j’avais eu l’occasion de discuter un petit peu pendant le repas, nous explique comment se déroulera la soirée, chacun des musiciens se présente et nous interprète une autre de leur pièce. Personnellement, je suis très impressionnée par l’harmoniciste qui fait sortir des notes de son instrument d’une incroyable pureté. J’ai encore plus hâte d’être au lac !
     
    Nous sommes environ 90 personnes à prendre place dans deux autobus qui nous amènent au Lac Bédard, sur un chemin forestier à une douzaine de kilomètres de l’Accueil. Nous rappelant les instructions de Pierre Le Loup, nous sortons tous un par un des autobus, en silence et suivons un chemin éclairé par des lanternes de papier(2). Le ciel est constellé d’étoiles et le Lac Bédard, ceinturé de montagnes, offrira une belle acoustique, j’en suis convaincue.  Nous prenons place dans nos chaises et dans un silence religieux, nous attendons… Sur le lac, quelques canots … et les premiers sons s’élèvent, purs… Pendant une heure et quinze minutes, j’ai littéralement été transportée par leurs talents, le violon accompagnant l’harmonica en symbiose m’ont donné des frissons, le Didgeridoo(3) retrouvant ses lettres de noblesse grâce à Stéphane, les sons des oiseaux, la conversation du mâle et de la femelle Huard, du buck (mâle orignal) et de sa belle jusqu’à leur union et enfin… du chant des loups qui, je dois bien l’avouer, m’a fait verser quelques larmes. Vous ai-je mentionné que tous ces sons sont produits par les musiciens qui se font bruiteurs ? L’acoustique du lieu est extraordinaire et leur rend une “juste justice”.
     
    Nous étions plusieurs à souhaiter que les loups répondent… Ce ne fut pas le cas. De retour à l’Accueil, j’ai entendu Pierre Le Loup expliquer qua la meute de loups avait un territoire d’environ mille kilomètres carrés. Mais ce n’est pas grave, car Pierre Le Loup et ses accolytes nous y ont fait croire.
     
    À noter que tous les profits de cette soirée sont versés à des écoles de la région de Québec afin que des élèves puissent aller passer une journée à la Forêt Montmorency et chaque CD vendu permet à un enfant de passer une journée là-bas. Trente CD vendus ? C’est une classe complète qui peut découvrir la faune et la flore de ce site d’une grande richesse.
     
    Il est rare que les mots me manquent… Mais cette fois-ci c’est la cas. Il m’est difficile de traduire en mots ce que j’ai vécu là-bas; une expérience sensorielle auditive hors du commun qui a fait grandir en moi une émotion rare et un désir plus grand encore de faire connaître toutes ces beautés qui nous entourent afin de sensibiliser la population à sa préservation. Toutes les personnes qui travaillent là-bas avec qui j’ai eu le plaisir de discuter ont été affables, généreuses et la passion qui les anime est palpable. Je tiens également à souligner que le travail qu’elles accomplissent est important et je les en remercie.
     
    Vous me connaissez ? Inutile de vous mentionner alors que je vais y retourner cet automne… et deux fois plutôt qu’une. Une fois pour aller observer l’original en période de rut en compagnie d’un naturaliste et une autre fois pour aller y marcher.
     
    En terminant, afin de partager un petit peu ce que j’ai vécu là-bas et vous donner l’envie d’y aller … J’ai fait un montage vidéo sur “Le Chant du Loup” enregistré par Les Naturalistes (version 2008).
     
     

    aigle_010
    (1) Forêt boréale: forêt composée majoritairement de conifères, dont l’épinette noire
    (2) Lanternes de papier: un sac de papier brun dans lequel on ajoute un tiers de sable; la chandelle d’une grosseur moyenne y est plantée au centre. Très bel effet et des plus économiques et sécuritaires.
    (3) Didgeridoo: instrument ancestral utilisé par les aborigènes en Australie.
     
    La version 2009 des Naturalistes est composée de Pierre, Benoît, Stéphane, Daniel et Yves.
     
    Site officiel où vous pourrez trouver toutes les informations: http://www.fm.ulaval.ca
     
    Là-dessus, je poursuis mes vacances !

    Gif vacance 002

     

  • Rachel La Louve

    Le 27/06/2009 à 06:22Hors catégorie !Commentaires (4)Ajouter un commentaire

    Le 13 juin, c’était l’anniversaire de Rachel La Louve… Ceux et celles qui me lisent ont lu plusieurs référence à Rachel dans mes billets, donc vous savez que c’est une amie qui m’est chère.

    Pour son anniversaire, je voulais lui offrir quelque chose de spécial. J’ai donc pensé à elle, à ce qu’elle est et représente pour moi… Tout d’abord, une création est née:

     

    Carte Rachel 2009

    Mais, ce n’était pas assez !!! Plongeant en moi et pensant à Rachel, mes doigts se sont activés sur le clavier et j’ai pondu un conte. Rachel est modeste, ne voulant pas la gêner, je n’ai pas publié le texte sur mon propre site, toutefois je lui ai fait parvenir et elle en a fait une rubrique sur son site (ça m’a gêné à tel point que je n’ai plus rien écrit sur son site depuis !).

    Mais, certains événements survenus durant les derniers jours m’ont renforcés dans ma conviction que cette femme se doit d’être connue du plus grand nombre de personnes possible !!! Si vous lisez le texte qui suit avec votre coeur, vous comprendrez ce que Rachel est pour moi, ce qu’elle Est et ce qu’elle peut vous apporter si vous avez besoin:

    Le conte de la Louve

    Il était une fois, dans une belle grande forêt, une Louve se prélassant au pied d’un grand sapin, regardant s’ébattre les petits et grands de sa famille, s’amusant de leurs jeux. Malgré cette joyeuse agitation, elle remarqua au loin un louveteau âgé d’environ cinq, six mois, à l’écart des autres. Elle ne le reconnut pas, … Qui était-il ? Mais surtout…, que lui était-il arrivé pour avoir l’air si abattu, tout son corps penché vers l’avant, le nez touchant le sol entre ses pattes. Il semblait porter un grand poids sur ses épaules encore bien frêles. N’écoutant que son cœur, elle se leva et à pas feutrés… approcha.

    Il ne leva même pas la tête, semblant ne pas avoir remarqué qu’il n’était plus seul, les yeux fermés, il était tout à son malheur. Sans faire de bruit, elle s’assit et attendit. La peine du petit semblait si grande, le cœur de la Louve en souffrait, que pouvait-elle bien faire ? Doucement, elle se leva et se coucha devant lui, sa truffe tout près de la sienne. Sentant un souffle, il ouvrit un œil, …qu’il referma … trop las. La Louve ne bougea pas, mais laissa échapper un souffle. Il ouvrit encore un œil… et gentiment, la Louve lui donna une petite lichette sur le bout du nez. Cela le chatouilla, il redressa la tête en la secouant. Bien réveillé cette fois, il regarda la Louve… qui le regarda, pencha la tête de côté et lui demanda « Mais, qu’as-tu mon petit ? Tu fais une bien triste tête pour un si petit être. » Il redressa son petit corps, comme s’il voulait paraître plus fort et planta son regard dans celui de la Louve, la défiant. Elle le regarda et il y lu une bonté et une compassion comme il n’en avait jamais vues. Accablé par tant de douceur, ses dernières défenses l’abandonnèrent et il se mit à raconter son histoire dans un murmure.

    Patiemment, elle l’écouta raconter ses blessures, ses écorchures, les abandons qu’il avait vécus, la perte de ses parents tués par des « deux pattes grands comme ça ! », sa errance depuis, et la faim qui le tenaillait… Cette faim de nourriture… et d’amour. Touchée au plus profond d’elle-même, la Louve se dit que nul ne devrait subir telles peines et tourments ! Elle alla au plus pressé : le louveteau avait de vilaines blessures aux pattes. Elle les soigna avec des remèdes dont elle avait le secret, lui donna à manger. Une fois fait, elle s’allongea près de lui, lui prodiguant sa chaleur, et ils discutèrent jusque tard dans la nuit… Lorsque les étoiles furent si nombreuses que le ciel parut presque blanc, le petit, rassuré, le ventre et le cœur pleins, s’endormit entre les pattes de la Louve.

    Mais, la Louve ne réussit pas à s’endormir immédiatement. Elle repensait à ce que le petit lui avait raconté, ce qu’il avait vécu et ce dont il avait été témoin. Elle se rendait compte que beaucoup de ses congénères vivaient de la souffrance. « Ça ne peut pas continuer comme ça » pensa-t-elle. « Il faut que ça change ! » Et sur cette dernière pensée, elle s’endormit.

    Le lendemain matin, la Louve convoqua sa meute et raconta brièvement l’histoire du louveteau pendant que celui-ci dormait encore. Tous, sans exception, décidèrent d’adopter le petit dans leur grande famille. Quelle joie fut celle du louveteau ! Enfin ! Il n’était plus seul ! Il remercia la Louve avec effusion, celle-ci les quatre pattes en l’air, sur le dos, riant de bon cœur devant un tel bonheur. « Merci, merci, merci ! » n’arrêtait-il pas de lui dire tout en gambadant autour d’elle, sur elle (!) et lui donnant tout plein de lichettes.

    Quand elle put enfin se redresser, elle plongea son regard dans le sien et lui dit : « Nul ne devrait vivre ce que tu as vécu et voir ce que tu as vu. Je te remercie de la confiance que tu m’as témoignée, je dois maintenant en être digne. À partir de ce jour, je serai en quête de ceux qui souffrent et je les aiderai du mieux que je le pourrai. C’est une promesse que je fais, le Grand Esprit m’en est témoin. Merci, à toi, Petit Loup »

    Et depuis ce jour, la Louve est là… veillant… écoutant … et aidant…

    Copyright 2009 - Tous droits réservés

    Si après cette lecture vous ressentez l'envie de faire sa connaissance, avez besoin d'aide, rendez-vous ici:

     

    La Voie de l'Harmonie 

     

     

  • Shaun Ellis: The Wolfman - dernière partie

    Le 27/03/2009 à 02:39Êtres d'exceptionCommentaires (6)Ajouter un commentaire



     
    Contre toute attente, en 2005, Shaun croisa une personne qui contribua à enrichir une partie de sa vie.
     
    Helen Jeffs, jeune femme née à Romford, comté d’Essex en Angleterre; petite fille, elle est un peu garçon manqué, toujours prête à grimper dans un arbre et adore observer la faune.
     
    Après sa formation de puéricultrice, elle obtient un emploi dans les services sociaux. Avec sa famille et des amis, elle se rend souvent en vacances dans le Devon et à force d’y aller, elle tombe amoureuse du secteur et décide de s’y établir. Elle y décroche un emploi dans une école primaire et s’installe dans sa nouvelle maison située à Combe Martin… et tout près, elle entend hurler les loups demeurant au Combe Martin Wildlife Park. Elle se mit aller au parc, fascinée par les recherches qui s’y effectuaient…. Elle y devient volontaire et y fait la connaissance de Shaun… Collaborant ensemble, ils finissent par tomber amoureux l’un de l’autre et au fil de leur amour grandissant, Helen quitte son emploi pour s’occuper à temps plein des loups avec Shaun.
     
    Toutefois, une épreuve attend Helen: elle doit être acceptée par la meute. Son introduction se fait par étapes, en commençant avec les plus jeunes loups, les ados. Tout se passe bien, mais désirant faire partie intégrante de la meute, elle doit être acceptée par les adultes. Bien qu’elle puisse les caresser à travers le grillage, entrer à l’intérieur de la meute est une autre paire de manches. Le premier adulte qu’elle devra rencontrer est Matsi, c’est lui le “watchman” de la meute, c’est lui qui s’assure que chaque membre de la famille fait son job proprement, si non c’est toute la meute qui en souffre et c’est lui qui teste les nouveaux membres.  Il est nerveux, suspicieux et ne donne pas sa confiance facilement. Shaun sait qu’Helen est prête, mais Helen ne le croit pas, en fait elle a peur. Et si la rencontre se passe mal, que Matsi sent la peur d’Helen, il la prendra pour une “traître” et la rejettera, et dans un tel cas de figure ce sera un pas en arrière gigantesque pour l’introduction d’Helen dans la meute étant donné que cela fait maintenant trois ans qu'Helen est là. Elle adore Matsi, c'est son loup préféré, souvent il vient se faire gratouiller à travers le grillage, la confiance s'est un peu installée, elle grandit lentement de jours en jours, mais Helen a quand même peur. Une rencontre face à face sera difficile pour elle et comme elle le dit: "Quand Matsi me regarde, j'ai l'impression qu'il voit mon âme."

    Shaun usera d’un subterfuge pour faciliter la rencontre: il fera manger de la viande crue à Helen. Les loups ont un odorat beaucoup plus développé que le nôtre (tout comme les chiens). Lorsqu’ils nous reniflent c’est toute notre identité qu’ils perçoivent et si Helen a mangé de la viande crue de “qualité”, Matsi l’identifiera comme étant un loup d’un rang supérieur … Elle doit maintenant manger comme les loups. Il n’y a qu’un petit problème, ... Helen adore les gâteaux !
     
    La rencontre s’est-elle bien passée ? Oui, mais Helen était morte de peur et Shaun a fait tout ce qu’il a pu pour qu’elle garde son calme. Aujourd'hui Helen est la "wolf nanny".
     
    L’aventure de Shaun a commencé avec trois louveteaux, Matsi, Yana et Tamaska. Aujourd’hui, il s’occupe de plus d’une vingtaine de loups, dont Norook, Totto, Zarnesti, Elu, Shadow, Pale Face, entre autres, et il a trouvé son âme soeur. Pour avoir visionné plusieurs vidéos, j'ai pu constater à quel point ils sont faits l'un pour l'autre, une grande complicité les unit, elle l'admire... il l'admire... ils s'aiment quoi !!!
     
    Aaah ! je vous entends d’ici … “Non, mais c’est quoi le truc ? C’est fini ? Elle nous laisse en plan, comme ça !?!?!”  Ben non voyons ! vous savez bien que je suis bonne fille, je vous laisse avec une vidéo en français S.V.P., la seule que j'ai pu trouver sur le net ! Le début de l'histoire d'amour de Shaun Ellis avec ses loups:

     



     
    Sources:
     
    Et si vous voulez voir une partie de leur vie, la préparation d’Helen et sa toute première rencontre avec Matsi, rendez-vous à cette adresse: http://videos.howstuffworks.com/animal-planet/35100-living-with-the-wolfman-helen-meets-matsi-video.htm. La vidéo dure 21 minutes, est en anglais, mais facilement compréhensible et surtout extraordinaire et fascinante.
     
    J'espère que vous avez aimer Sourire

  • Shaun Ellis: The Wolfman - 3e partie

    Le 21/02/2009 à 02:37Êtres d'exceptionCommentaires (5)Ajouter un commentaire

     

    Il y a plusieurs années, le loup était chassé sauvagement dans le Parc Yellowstone situé dans l’état de Washington, aux États-Unis, et cette chasse a eu pour résultat l’extinction des loups dans cette région. Le Dr Doug Smith fit des pieds et des mains afin que le loup soit réintroduit dans le Parc Yellowstone. Lui et ses accolytes vinrent au Canada chercher des loups gris; leur réinsertion dans le Parc Yellowstone fut un succès.

    Toutefois, au fil des ans, certaines meutes de loups finirent par agrandir leur territoire, sortant du Parc et se mettant à attaquer le bétail des éleveurs demeurant en périphérie. Devant l’ire de ces derniers, le gouvernement États-Uniens, jugeant que la population de loups était bien implantée et non menacée, il autorisa une chasse restreinte aux éleveurs dont le gagne-pain était mis en péril. Mais, l’expérience et l’expertise de Shaun Ellis pourrait bien changer tout ça …

    En effet, fort de son expérience avec les loups et ayant acquis une certaine notoriété, Shaun Ellis reçu un appel à l’aide qui lui permit de faire une expérience. Le troupeau d’un éleveur polonais subissait les attaques d’une meute de loups. L’éleveur fit appel à Shaun afin qu’il l’aide à trouver une solution à son problème sans avoir à prendre les armes et abattre les loups. Sensible à cet appel à l’aide, Shaun décida de se rendre en Pologne, mais sans une certaine appréhension. En effet, il devait s’absenter environ deux semaines… Cette absence risquait de mettre son rôle de mâle Alpha auprès de sa meute en danger… Mais le désir d’aider cet éleveur et surtout la pensée que si son expérience était concluante, peut-être que la chasse aux loups pourrait cesser.

    Rendu là-bas, après discussions avec l’éleveur, il alla dans la forêt afin de situer la meute, le nombre de ses membres et il débuta son enseignement auprès de l’éleveur. Shaun avait apporté avec lui un appareil sur lequel était enregistré le hurlement de défense des loups (pour connaître les différents hurlements, c’est ici). Il dit à l’éleveur que cet appareil devait être utilisé deux, trois fois par jour, afin que la meute de loups croit qu’une autre meute vivait sur le territoire et ainsi empêcher la meute rivale d'y entrer. Gonflé d’espoir, Shaun retourna donc chez lui auprès de Matsi, Tamaska et Yana …

    Et ce que Shaun avait appréhendé s’avéra… En effet, pendant son absence Yana était devenu le mâle Alpha. La réinsertion de Shaun dans la meute n’allait pas être facile, mais à force de courbettes, de sillements, de lichettes, il put réintégrer la meute et endossa le rôle de l”Omega, soit celui du loup pacificateur.

    Et l’éleveur Polonais vous demandez-vous ? Quels ont été les résultats ? Eh bien ! ce fut un succès !!! Les attaques des loups cessèrent ! Cette expérience venant aux oreilles du Dr Doug Smith, avec qui Shaun entretient des relations, celui-ci émit quand même une réserve. Bien qu’il reconnut le succès de l’expérience, en tant que scientifique, il précisa que pour que cette méthode soit vraiment reconnue, elle doit être répétée plusieurs fois avec un taux de succès de 90 %.

    Je crois que nous pouvons compter sur Shaun pour répéter l’expérience, sans compter que, bien qu’il ne soit pas un scientifique, Chris Darimont, biologiste de loups en Colombie-Britannique, reconnaît que bien des découvertes sont faites par des non-scientifiques et que l’expertise de Shaun est plus qu’appréciable.

    Je vous laisse donc sur une vidéo où vous pourrez voir Shaun hurler avec ses loups, ainsi que l’observer en train d’enseigner à l’éleveur Polonais:

     

      

     

     

  • Shaun Ellis: The Wolfman - 2e partie

    Le 29/01/2009 à 02:38Êtres d'exceptionCommentaires (5)Ajouter un commentaire

    La première partie de ce billet se trouve ici.

    À force d’étudier les loups, Shaun Ellis apprit à décoder les divers langages de ses potes à quatre pattes. L’un des langages importants pour les loups est le hurlement, langage complexe s’il en est. En fait, il est tellement complexe et fascinant, que je me devrai d’expliquer l’apport de l’étude des hurlements des loups par Shaun Ellis pour venir en aide aux éleveurs (promis dans mon premier billet) dans un troisième billet. Ma série sur Shaun Ellis n’aura donc pas trois, mais quatre volets. Je dois avouer que le texte qui suit est une traduction libre des observations que Shaun Ellis a notées dans son livre “L’esprit du loup” ainsi que de diverses recherches sur le net. Que du plaisir !

     

    loup1

     

    Le hurlement chez le loup:

     

    Très souvent, les loups vont choisir un lieu surélevé pour hurler afin de projeter le son le plus loin possible;

    ils se positionneront en demi cercle afin de hurler dans diverses directions.  À noter que, dans de bonnes conditions, le hurlement d’un loup peut être entendu jusqu’à 17 km à la ronde !

     

    Loup gris 6

     

    Shaun a remarqué qu’il existe trois types de hurlement:

    • le hurlement de localisation est un hurlement assez élevé dans le ton et “traînant” afin d’encourager une réponse. Réponse qui sera identique ou différente (hurlement de défense);
    • le hurlement de ralliement est élevé dans le ton, mais un peu "éploré", indiquant ainsi qu’il faut se rallier ou retourner vers la famille. Comme ce type de hurlement est un peu triste, il arrive parfois qu’il soit mal interprété, laissant croire qu’un membre de la meute est mort;
    • le hurlement de défense, quant à lui, est plus bas dans le ton afin de décourager les membres des autres meutes.

    Chaque loup a un son différent, adapté à son statut à l’intérieur de la meute.

    Le hurlement du couple Alpha sera bas dans le ton, indiquant ainsi aux autres son statut dans la meute. Le couple hurle pendant de courtes périodes, prend une pause pour écouter une réponse (quelle qu’elle soit) et décide si la meute doit continuer à hurler ou arrêter. Le couple Alpha n’amorcera pas le hurlement mais assumera le contrôle de la situation une fois le contact vocal établi. Le couple prendra sa décision en fonction de la réponse reçue: meute rivale ? loup solitaire ? ou un des leurs égaré pendant une chasse ? Le couple Alpha indiquera aux autres membres de la meute la poursuite ou l’arrêt des hurlements. Dans l’affirmative, le couple poussera un long hurlement profond…, dans la négative il poussera successivement deux ou trois hurlements très courts.

    Dans la hiérarchie de la meute, après le couple Alpha, il y a le Beta. Ses hurlement sont modérement bas et trois, quatre fois plus longs que le couple Alpha, ajoutant de la force, de la continuité aux appels de la meute et indiquant sa position à l’intérieure de celle-ci.

    Les membres de la meute se situant dans le “milieu” poussent de petits jappements et des hurlements afin que les meutes rivales aient de la difficulté à connaître le nombre exact des membres de la meute; ils créent l’illusion qu’ils sont peut-être très nombreux !!! Pas mal non ?

    Et enfin, il y a les loups Oméga dont le rôle est très important. Ce sont eux qui désamorcent les tensions, ils ont un hurlement mélodieux, mélangeant les hautes et les basses notes. Quand ils hurlent en “harmonie”, ils contribuent à calmer la meute quand celle-ci est sur la défensive (personnellement, je les appelle les “pacificateurs”).

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    Vous comprenez certainement maintenant pourquoi j'ai choisi de consacrer un billet sur le hurlement du loup !!! Et mon prochain billet ? Shaun Ellis à l’aide des éleveurs.

     

    E'pit wiskum a'sutmessewakm nisgam

     

  • Shaun Ellis: The Wolfman - 1re partie

    Le 23/01/2009 à 18:53Êtres d'exceptionCommentaires (3)Ajouter un commentaire

    Pourquoi est-ce que je m’intéresse à Shaun Ellis ? Qui est-il vous demandez-vous ? Tout jeune, Shaun Ellis avait un grand rêve … Mais que diriez-vous que je vous raconte son histoire ?

    Très jeune, Shaun, qui grandit sur une ferme à Norfolk, en Angleterre, s’intéresse de près aux animaux sauvages ; lors d’étude des renards et blaireaux, il apprend à développer ses sens de l’odorat et de l’ouïe afin de se repérer dans la forêt. Jeune adulte, il devient garde-chasse, mais il est viré lorsque son patron découvre qu’il remet en liberté des animaux destinés à être abattus. Il s’engage donc comme marin dans la Royal Navy ; l’entraînement qu’il y recevra lui sera des plus profitables pour ce qui allait être sa vie plus tard.

    Assistant à un séminaire sur les loups, il rencontre un biologiste amérindien, ce qui l’amènera à passer sept ans en tant que volontaire pour des recherches sur les loups avec la tribu des Nez Percés dans l’Idaho, aux États-Unis. Les Nez Percés lui ont appris à observer les loups dans leur habitat naturel. Il finit par pouvoir les approcher, les étudier, enregistrer leurs hurlements et reconnaître chacun des membres de la meute, ce qui a achevé de le convaincre : les loups sont des animaux très intelligents, instinctifs, respirant la confiance et l’équilibre à l’intérieure de la structure sociale de la meute. De là à vivre son grand rêve, il n’y avait que quelques pas…

    … Au Parc Yellowstone, célèbre parc naturel aux États-Unis, une louve met bat trois petits qu’elle abandonne… Shaun, pas très loin, les recueille et à partir de ce moment sa vie change complètement. Il nourrit ses petites boules de poils qu’il nommera : Yana, Tamaska et Matsi. Les hurlements chez les loups étant très importants (sujet que je traiterai dans un prochain billet), à tour de rôle, Shaun prend Yana, Tamaska et Matsi et leur donne une leçon de hurlement.


    Âgés d’à peine quelques jours, chacun de ces petits, sans exception, a répondu, avec sa petite voix aigue, le cou tout cassé vers l’arrière, au hurlement de Shaun (hurlement à s’y méprendre, croyez-moi !).

    La photo ci-contre montre Tamaska qui s’exerce (12 jours le p’tit bébé !…):

    Shaun 003

    Entretemps, sa femme le quitte avec ses quatre enfants…

    Il fonde le « Wolf Pack Management », dans le Nord du Devon (Angleterre) et c’est là que, pendant deux ans, il a vécu avec ses loups … et le verbe « vécu » n’est pas une figure de style : il a mangé, bu, joué, dormi et s’est battu avec ses loups, et ce, 24 heures sur 24. Et c’est sur cette partie de sa vie que ce premier billet sera consacré à cet homme d’exception.

    Son but ? Apprendre à encore mieux les connaître et leur apprendre à être des loups sauvages, bien qu’ils soient en captivité. Son rôle ? Mâle Alpha, le chef de la meute et chaque jour il doit de plus en plus asseoir et affirmer ce rôle auprès de ces protégés qui grandissent. Tamaska, le plus costaud, est le mâle Bêta, soit le second, il fait respecter l'ordre établi par le mâle Alpha, protège la meute contre les attaques des autres loups. Matsi, d’un tempérament plus nerveux, est celui qui fait le guet, qui avertit les autres membres lorsqu’un danger se présente. Yana, quant à lui est agressif et possède le tempérament d'un mâle Alpha. La lutte de Shaun pour demeurer l’Alpha en est un de tous les instants, n’en doutez pas : lorsqu’il lui arrive de devoir s’absenter, il suspend ses vêtements sur une corde à linge et au moment de réintégrer la meute, il les remet. Aucun choix ne s’offre à lui, puisque ces vêtements contiennent toute son identité lui permettant d’être reconnu par les autres membres de la meute.

    Mais que mangeait Shaun vous demandez-vous ? la même chose que les autres loups, à une exception près. Étant le mâle Alpha, il a droit de manger le meilleur de l’animal abattu, soit le foie, le cœur et les reins. Toutefois, Shaun a un peu de difficulté à digérer la viande crue, un subterfuge s’impose donc. Le chevreuil abattu est ouvert par Shaun (en l’absence des autres membres de la meute et, à ses dires, paraît qu’il faut parfois avoir le cœur bien accroché !), il sort le foie, va à sa caravane tout à côté de l’immense enclos, fait cuire ledit foie, retourne à la carcasse, remet le foie en place avec le reste à l’intérieur et revient à la meute. Les autres membres de la meute devant attendre pendant qu’il se nourrit, il lui est alors loisible de sortir le foie et de manger … Tamaska, étant le mâle Bêta, peut se nourrir presque en même temps que lui… mais n’a pas droit aux abats … ainsi que ses autres congénères.

    Ici, Shaun maintient Tamaska à distance

    Shaun 005

    Peut-être vous demanderez-vous si ce régime nuit à Shaun ? En fait, depuis qu’il vit avec ses loups, son système immunitaire s’est renforcé…

    Je terminerai ce premier billet consacré à Shaun en vous racontant une anecdote : un jour, un loup Alpha d'une autre meute a assis sa dominance sur Shaun et a refermé ses dents sur la mâchoire de Shaun; ce dernier avait l’impression que des aiguilles particulièrement acérées lui transperçaient la peau. Au moment où il croyait que sa mâchoire allait être broyée, Matsi a desserré la sienne, le libérant. « Il a su exactement quelle pression exercer pour éviter de me casser la mâchoire » racontera-t-il.

    Une dernère anecdote: lors d'une lutte de dominance, Shaun a été blessé au visage, direction, l’hôpital où on lui fait des points de suture. Il retourne vers sa meute… les loups se lancent sur lui, lui arrachent ses points de suture et lui lèchent ses plaies… Résultat ? Celles-ci ont guéri plus rapidement. Les scientifiques s’entendent à dire que la salive des loups élimine le risque d’infection par les bactéries et accélère la cicatrisation. D’ailleurs, pour preuve, Shaun n’a aucune cicatrice au visage.

    Shaun 004

    Et comme une image vaut mille mots, je vous laisse sur une vidéo tournée par le National Geographic (en fait, c’est une bande-annonce); même si quelques-uns d’entre vous n’êtes pas à l’aise avec la langue de Shakespeare, vous saisirez l’essentiel, j’en suis convaincue !

     

    Mon prochain billet portera sur la recherche que fait Shaun sur les hurlements des loups et l’aide qu’il peut apporter aux éleveurs de bétail.

    J’espère que vous aurez eu autant de plaisir à lire ce billet que j’en ai eu à faire mes recherches et à l’écrire et qu’il aura éveillé votre intérêt pour lire la suite de la vie de cet homme décrié par certains scientifiques, salués par d’autres, mais animé par une passion, honnête et totale: le loup.

     

    E'pit wiskum a'sutmessewakm nisgam
     
     
     

     

    P.S. - Je citerai mes sources sur mon dernier billet que j’écrirai sur Shaun Ellis

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